La fuite de plus de 53 000 personnes de Port-au-Prince

Entre le 8 et le 27 mars, plus de 53 000 personnes ont quitté Port-au-Prince, principalement pour échapper à la violence des gangs qui sévit dans la capitale haïtienne. Cette information a été révélée par l’Organisation internationale pour les migrations le 2 avril. Les attaques et l’insécurité croissante ont poussé de nombreuses personnes à chercher refuge en dehors de la capitale, malgré les risques liés au passage par des routes contrôlées par des gangs.

L’OIM a lancé une collecte de données pour mieux comprendre ce phénomène et pour pouvoir allouer les ressources nécessaires aux endroits les plus touchés. Les premières conclusions de cette étude indiquent que 53 125 personnes ont quitté la zone métropolitaine, dont une grande partie s’est dirigée vers les départements du Grand Sud du pays. Cette région accueille déjà plus de 116 000 personnes ayant fui la capitale au cours des mois précédents.

Les raisons du départ et les destinations choisies

Huit personnes sur 10 ont quitté Port-au-Prince en raison de la violence des gangs. Près de 6 personnes sur 10 ont déclaré qu’elles resteraient en dehors de la capitale aussi longtemps que nécessaire. Plus de la moitié des personnes interrogées ont choisi leur destination finale car elles y sont originaires. De plus, 97% des personnes ont indiqué avoir de la famille prête à les accueillir.

Malgré les craintes d’une vague de réfugiés dans les pays voisins, 96% des personnes interrogées souhaitent rester en Haïti. Seulement 3% envisagent de partir en République Dominicaine, et moins de 1% vers les États-Unis ou le Brésil. Ces chiffres soulignent le fort attachement des Haïtiens à leur pays, malgré la situation politique et sécuritaire critique.

La situation politique et sécuritaire en Haïti

Haïti vit une période d’instabilité politique depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Le pays n’a plus de président en exercice ni de Parlement depuis les élections de 2016. Les puissants gangs haïtiens ont récemment intensifié leurs attaques dans le but de renverser le Premier ministre Ariel Henry, très contesté.

Malgré l’annonce de sa démission et la formation prévue d’un conseil de transition, les désaccords politiques persistent, empêchant la mise en place de nouvelles institutions. Cette situation précaire, combinée à la pauvreté, aux catastrophes naturelles et à la violence des gangs, pousse de nombreux Haïtiens à chercher refuge en dehors de la capitale.

Source : RCI