Votre client, placé en garde à vue lundi, est sorti mardi après-midi, sans aucune charge retenue contre lui. Quel est votre position à ce stade ?

Après avoir effectué plusieurs vérifications, les enquêteurs ont rapidement levé la garde à vue de votre client. Ils ont constaté que tout était en règle, tant sur le plan administratif que sécuritaire. Toutes les autorisations nécessaires étaient présentes, l’équipage était complet et tous les équipements de sécurité étaient à bord. Il n’y avait aucune trace de drogue ni d’alcool dans le sang de quiconque. Ainsi, il n’y a pas eu de problème à ce niveau-là.

Pour vous, le problème est ailleurs ?

Il existe trois problématiques importantes. Tout d’abord, il y a eu des conditions météorologiques défavorables avec la présence de brume de sable, ce qui n’est imputable à personne. Ensuite, il y a eu un dysfonctionnement du GPS qui n’a pas indiqué la présence du rocher à cet endroit. Enfin, les secours sont arrivés avec un retard de 1h20, alors que la victime était encore en vie après l’accident.

Y a-t-il des charges retenues contre lui à l’issue de sa garde à vue ?

À l’heure actuelle, nous nous demandons si le procureur décidera de poursuivre les services de sécurité pour leur arrivée tardive, peut-être fatale, ou le constructeur du GPS. Cependant, c’est au procureur de prendre cette décision. Concernant notre client, nous sommes à la fois confiants mais également attristés par cette situation.

Malgré les éléments que vous avancez, n’y a-t-il pas eu un problème d’appréciation du pilote ?

Il est possible que les personnes connaissant la mer et pratiquant cet endroit fassent preuve d’une prudence particulière. Cependant, ils peuvent compter sur du matériel fiable qui leur permet de repérer les hauts fonds. Le dysfonctionnement du GPS met même en danger un marin expérimenté qui devrait pouvoir avoir confiance en cet équipement.

Quel est l’état d’esprit de votre client aujourd’hui ?

La perte d’une vie si jeune est tragique. C’est un moment de deuil, de condoléances et de tristesse. Aucune défense n’était nécessaire pour notre client, car il n’y avait rien à se reprocher. Aujourd’hui, la fatalité et la tristesse dominent.

Source : RCI